Conseil Municipal du 31 mai 2024

De belles interventions de nos élus parfaitement résumées par la Marseillaise (voir ci-dessous). Vous trouverez aussi ci-après la vidéo de l’intégralité du conseil, le texte des interventions de nos élus, le recueil des délibérations, une revue de presse… Bonne lecture !

Intervention d’André de Ubeda sur le devoir de mémoire

Madame le maire, chers collègues,

Vous avez choisi de commencer le conseil sur le sujet des liens intergénérationnels. Pour Toulon en commun c’est un sujet très important et même un enjeu de civilisation. La ville de Toulon avait du retard dans ce domaine comme dans d’autres. Nous apprécions donc favorablement ce début de politique de création de liens sociaux entre générations.

Cela dit la délibération manque notablement de précisions et nous aimerions, encore une fois, être partie prenante de la réflexion et que la plus large consultation soit menée à bien.

Ce n’est pas anodin à nos yeux, madame le maire, que ce soit la première délibération du jour et nous voulons y voir un rappel au devoir de mémoire. Car c’est en effet une vertu essentielle des relations entre la jeunesse et les plus âgés : la transmission des leçons de l’histoire. Ne dit-on pas comme Churchill qu’« Un peuple qui ne connaît pas son histoire est condamné à la revivre ».

Pour notre part nous ne voulons pas revivre le passé de corruption de Toulon, ni les condamnations d’élus, les retards de développement ni les reculs démocratiques et sociaux de la période Le Chevalier. Et au niveau national et international nous ne voulons pas revivre le passé douloureux d’une France avilie par la haine.

C’est la proximité du 80eme anniversaire du débarquement et la commémoration de la journée de la résistance à Toulon qui nous font réagir à ce sujet. L’Assemblée nationale a instauré le 27 mai comme Journée nationale de la Résistance. Cette journée est l’occasion d’une réflexion sur les valeurs de la Résistance et celles portées par le programme du Conseil national de la Résistance.

Ces valeurs sont chères, je veux le croire, à tous les républicains. Au-delà de nos divergences, l’égalité, la liberté, la fraternité nous rassemblent. Par exemple, et ce n’est qu’un exemple, le président de la République a salué l’idéal communiste lors de la panthéonisation des Manouchian. C’est un idéal qui a été malheureusement souillé de façon criminelle, mais c’est un idéal d’émancipation, de fraternité entre les peuples.

C’est cet idéal et celui des autres républicains dans leur diversité qui a permis, dans l’unité, la création du CNR et de son programme. Et ont donc contribué à la Libération de la France.

D’autres logiques, je ne veux pas parler d’idéal, ont combattu ces idéaux, ont tué les résistants et font renaître les mêmes méthodes en essayant de déguiser le loup en agneau. Mais le naturel revient au galop.

C’est ainsi qu’une députée d’extrême droite a cru bon ; lors de la commémoration à Toulon, de s’en prendre à M. Estragon en parlant de meeting politique. Il va de soi que les membres d’un parti créé par d’anciens Waffen SS n’ont pas intérêt à ladite réflexion sur les valeurs de la résistance.

Ce n’est pas n’importe quel discours, en effet, qui protégera de cette menace du revivre, même s’il n’y a pas de lutte contre l’oubli qui ne doive passer par la connaissance et le langage.

Madame le maire, les menaces d’un retour des idéologies de haine sont réelles partout. Il est plus que temps de s’y opposer et la municipalité peut y contribuer. Des lieux de culture, des places, des rues peuvent encore prendre les noms des justes et des résistants.

La culture est, bien entendu, un vecteur de connaissance, de mémoire donc un rempart contre la haine. C’est bien pour cela qu’elle est dénigrée par les tenants de la détestation de l’autre.

Nous vous proposons que la ville contribue à ce combat en donnant le nom d’Aragon à la future médiathèque.

Cet immense poète, résistant et communiste est né à Toulon, y a vécu par moments et a participé à la vie culturelle de notre ville pendant des années.

Aucun lieu ne porte actuellement son nom dans notre ville pourtant et ce serait une contribution symbolique et concrète au combat républicain.


Intervention de Magali Brunel sur les emplois municipaux et les crèches

Notre prise de parole porte sur les 4 délibérations qui viennent d’être présentées et à propos desquelles nous souhaitons intervenir, sur deux aspects.

Le premier, transversal aux trois premières délibérations porte sur la première phrase de la délibération, qui évolue par rapport aux formulations habituelles que nous connaissions jusqu’alors. Tandis qu’il nous a été à plusieurs reprises exposé le fait que le recours à un contractuel n’était que limité au cas où un recrutement de titulaire n’était pas possible, nous relevons que le recrutement porte d’emblée sur un personnel vacataire. Nous nous inquiétons de ce glissement sémantique qui nous donne à penser à une précarisation de nos personnels municipaux, alors que dans le même temps, nous n’avons jamais eu autant besoin de services publics de proximité, et de personnel pouvant travailler dans des conditions de sécurité et de professionnalisation. Qu’en est-il exactement de cette évolution ?

Le second aspect sur la dernière délibération concerne l’activité spécifique des crèches, premier service auquel ont recours les familles dans le parcours éducatif de l’enfant.

Nous nous félicitons d’un recrutement de cinq auxiliaires de puéricultures car ce sont des acteurs essentiels de la première socialisation, dont dépend ensuite pour partie le parcours éducatif à venir.

Nous soulignons à ce titre le caractère fort discutable du tout récent rapport de la commission d’enquête de l’assemblée nationale, paru le 29 mai dernier et réalisé par Mme Tanzilli, députée renaissance.

Celle-ci considère en effet que la dégradation des conditions d’accueil de sécurité et d’accompagnement éducatif des crèches ne sont pas le fait de ‘l’ouverture au secteur privé’ mais résultent du modèle économique global des crèches.

Évidemment toute une partie des acteurs sociaux, politiques et associatifs est vent-debout contre ce rapport et souligne plutôt qu’il existe bien un lien entre recherche de rentabilité et défaillances de la qualité d’accueil.

En effet, « les fermetures administratives concernent à 93% les gestionnaires privés, alors que ces derniers représentent 25% des berceaux ». Selon nous, il faut réorienter l’investissement public vers l’accueil des jeunes enfants dans des structures publiques, et lutter ainsi contre la marchandisation du secteur. Il est d’ailleurs essentiel de faire de même dans l’accompagnement de nos aînés.

Sur ce plan, nous aimerions que la politique municipale soit éclaircie.


Intervention de Philippe Leroy sur le plan vélo

Le  Savoir Rouler à Vélo (SRAV) est un programme national d’apprentissage du vélo destiné aux enfants de 6 à 11 ans pour rouler en autonomie et en sécurité sur la voie publique.

Le SRAV a été découpé en 3 blocs : 1 = Savoir Pédaler, 2 = Savoir Circuler, 3 = Savoir Rouler à Vélo.

Le SRAV a été un axe majeur du premier Plan vélo 2018-2022. Après quatre années de mise en œuvre et plus de 250 000 enfants formés, un deuxième Plan vélo est déployé avec l’objectif de former l’ensemble d’une classe d’âge au SRAV, soit 850 000 enfants par an, à partir de 2027 et 350.000 dès 2024.

Et à Toulon ? 

Bien sûr, nous ne pouvons que nous satisfaire de la demande de financement auprès de la SDEJS et d’avoir trouvé l’UFOLEP pour palier les manques municipaux. 

Mais comme souvent, dans les moyens transports autres que la voiture, Toulon a un train de retard si vous me permettez l’expression.

Tous les élèves ne pourront pas être formés. Quelles en sont les raisons ? 

1) Le nombre d’éducateurs formés est insuffisant. Il faut donc former tous les éducateurs municipaux sur le SRAV pour leur permettre de se concentrer sur ces formations nécessitant une qualification. Cela fait partie des priorités demandées par le ministère. Cette demande a été faite par de nombreux directeurs et enseignants, qui nous en ont fait part, mais sans être entendus. 

2) Pour les Blocs 1 et 2, deux pôles ont été créés dans les écoles Rivière-Neuve et Nardi mais cela est insuffisant au regard du nombre d’élèves à former. 

3) Le Bloc 3 est prévu d’être réalisé en conditions réelles. Mais le réseau actuel de bandes cyclables discontinues, extrêmement dangereux, ne permet pas d’envisager de faire rouler en autonomie et en sécurité sur la voie publique des enfants de 10-11ans. Du coup, un pôle « bloc 3 » a été aménagé au Palais des Sports. Mais pour une Ville comme Toulon, un seul bloc 3 est aussi largement insuffisant. 

Toulon en Commun, depuis 2020, demande un plan Vélo pour Toulon et sa métropole comprenant 3 axes prioritaires : 

– 1 la mise en place de pistes cyclables sécurisées et séparées des voies pour automobiles par exemple par des bandes végétalisées. Nice y arrive pourquoi pas Toulon ? Parce qu’à Toulon, il y a un refus de retirer des voies pour automobiles.

– 2 une continuité sur le réseau cyclable pour relier les morceaux de bandes discontinues : l’exemple de la dangereuse bande réalisée en urgence suite à notre interpellation sur l’avenue de la République est un symbole du peu de considération pour la sécurité des cyclistes de votre prédécesseur.

– 3 et après, la création de parkings à vélo et la mise en place de vélos électriques en libre service « type vélib ». Six-Fours y arrive, pourquoi pas Toulon ? 

Il ne suffit pas de proposer une subvention à une association, il est temps de réfléchir à la mise en place d’un Plan Vélo ambitieux, répondant aux besoins des usagers et à la problématique de la sécurité. 

Le déploiement du Plan Vélo dans une ville comme Toulon nécessite une réflexion à grande échelle, avec une consultation des habitants et des acteurs locaux (associations, usagers), et un investissement dans les infrastructures pour permettre aux toulonnais (écoliers, adolescents et adultes) de pouvoir circuler à vélo en sécurité.

Toulon en Commun est prêt à prendre toute sa part constructive dans cette réflexion. Madame le Maire, êtes-vous prête ?


Intervention de Magali Brunel sur les aménagements à Saint-Jean du Var

Nous intervenons dans le cadre de cette délibération tout d’abord en soutenant la démarche de soutien financier dans le cadre du dispositif « Nos territoires d’abord 2022/2027 ».

Le projet dont nous parlons nous parait absolument crucial pour le quartier de Saint-Jean du Var, et il est absolument nécessaire pour des habitants qui se sentent mis à l’écart des lieux de culture de centre-ville, souvent de familles avec jeunes enfants ou personnes âgées qui, y compris par le biais des transports en commun, ne se déplacent pas, de fait, jusqu’au centre-ville. Il appelle de notre part deux remarques :

D’une part, sur la bibliothèque Marnata, nous tenons à revenir sur une interpellation que nous avions déjà formulée pour la première fois déjà le 17 décembre 2020. Nous y soutenions déjà l’absence de volonté de créer un projet collectif et participatif : « c’est là l’occasion de vous s’appuyer sur la consultation la plus large des différents groupes de ce conseil pour contribuer à la réflexion et enrichir le projet ».

Nous le redisons : Que les grands projets soient menés avec les habitants, à partir de leurs besoins et de leurs souhaits, sans attendre les délais et les obligations légales, c’est ce que nous souhaitons et ce que souhaitent les habitants de notre ville. Ainsi, à ce stade, comment comptez-vous impliquer les habitants dans la co-conception de cet espace et dans la place que celui-ci peut prendre, pour eux, dans leur vie concrète et représentation de leur quartier ?

La deuxième remarque que nous formulons concerne l’aménagement du jardin : le quartier de Saint Jean du Var est un quartier sur-urbanisé et même asphyxié, de l’avis même de ses habitants et nous reconnaissons absolument avec vous la nécessité d’y intégrer des espaces apaisés, de verdure et de nature. Et justement, nous en avons un, celui du parc Raoux, sur lequel nous sommes déjà intervenus, et à propos duquel nous réaffirmons à la fois notre attachement à la préservation de lieux médicaux de proximité pour les habitants, d’établissements scolaires de qualité pour les enfants et les familles, mais aussi sur la sauvegarde d’espace de nature boisé complètement naturel et comportant une source, qu’un aménagement de jardin ne saurait remplacer.

Plusieurs centaines d’habitants du quartier et non seulement quelques riverains s’alertent de la mise en péril de cet espace de nature, par ailleurs valorisé par la ville. Tout récemment des arbres du parc ont été marqués : quelle est l’explication de ces marquages ?

Quelques questions des habitants dont nous nous faisons les relais : l’extension éventuellement prévue de la clinique Saint Jean porte-t-elle sur des installations liées à l’activité de l’hôpital, ou est-ce un nouveau centre de rééducation ou de kinésithérapie qui est envisagé pour le quartier ? La rénovation indispensable de l’école Pailleron ne serait-elle pas moins couteuse si elle était envisagée sur l’existant, ce qui permettrait aussi que les enfants continuent à bénéficier d’un espace préservé de nature dont ils bénéficient à d’autres moments de leur vie quotidienne et plus largement tout au long de leur vie ?

L’occasion nous serait ainsi donnée de penser une continuité de nature dans le quartier. Vous soulignez votre attachement à la préservation de l’intérêt général, et dans le cas présent, il s’agit des intérêts des habitants, (et non celui d’un patron de clinique privée). Ne peut-on pas souhaiter pour ces habitants, qui souffrent de nuisances sonores et de la pollution et d’un habitat souvent dégradé et sans extérieur, à la fois des lieux culturels, des espaces aménagés de détente tels que peut apporter un jardin mais aussi un espace de sous-bois naturel vieux de dizaines d’années et composant la faune et la flore d’un véritable écosystème naturel ?   


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